L'école du chiot
Avant 6 mois
La relation avec le chiot et la confiance se construisent dès l’arrivée de celui-ci à la maison.
L’école du chiot du CCV est agréée par le Club Saint Hubert du Nord, affilié à la SCC. Nous y accueillons les chiots de trois à six mois pour des activités ludiques et des conseils à destination des maîtres.
« Avant les mots, le chiot comprend les gestes du cœur. Entre les pas d’un maître et les bonds d’un chiot naît la danse de la confiance. »

L'arrivée d'un chiot
Pensez avant tout à construire votre relation. De celle-ci dépendra tout le futur de votre compagnon.
Quand vous irez le chercher, prévoyez de passer un bon moment avec lui à l’élevage, de manière à ce qu’il vous intègre à ses références alors qu’il est encore dans son environnement sécurisé. Mettez-vous à sa place : il va, en peu de temps, perdre tous ses repères et se retrouver égaré. Sur un plan comportemental, il sera certainement encore en pleine phase d’attachement. Prévoyez de faire la route avec lui, assis à l’arrière, sur vos genoux (prévoyez aussi une alèse et de l’essuie-tout au cas où il serait malade).
Arrivé chez vous, préparez plusieurs couchages, laissez-lui le choix et laissez-le découvrir les lieux. Prenez soin de mettre à l'abri tout ce que vous voulez protéger. Si un chien n’a pas l’occasion de toucher à vos chaussures, par exemple, vous avez deux fois plus de chances qu’il n’y touche jamais par la suite ; il en va de même pour les autres objets. Gérer l’environnement est la meilleure façon d’éduquer et de construire.
C’est un chiot. Hier, il était encore avec sa mère et sa fratrie en totale sécurité physique, psychologique et affective. Aujourd’hui, il a perdu ses repères. Cet attachement doit être sécurisé à 100 %, c’est un besoin biologique.
Pour les premières nuits, faites-le dormir à côté de vous (ou dormez à côté de lui). Cela vous évitera de devoir vous lever quand il pleurera, et donc de lui donner cette habitude. Comme vous ne pouvez pas non plus le laisser pleurer — un chiot qui pleure est en détresse et cela génère un stress pouvant avoir un impact important plus tard — c’est la solution la plus confortable pour vous et pour lui. Progressivement, vous reculerez le panier jusqu’à l’endroit définitif où vous souhaitez qu’il dorme.
Gardez à l'esprit qu’à cet âge, sur un plan éthologique, il devrait encore être avec sa mère. Sur un plan émotionnel, il est en totale insécurité. Allez-y progressivement.
Ne cherchez pas à tout prix à tout contrôler ou à vouloir le faire obéir immédiatement. Il faudra qu’il prenne progressivement son indépendance et son autonomie. La seule chose à fixer rapidement, c’est le rappel ; quand ils sont chiots, c’est facile car vous bénéficiez du suivi naturel. Si vous voulez agir, récompensez-le à chaque fois qu’il vient vers vous, puis espacez progressivement les récompenses.
Pour la propreté, prenez conscience qu’un chiot ne peut pas se retenir (tout comme un bébé humain). Sortez-le très souvent, notamment après qu’il a mangé, bu, joué ou dormi. Accompagnez-le dans le jardin et, s’il fait ses besoins dehors, donnez-lui une petite friandise juste au moment où il termine (sans attendre qu’il revienne vers vous et sans rien demander d’autre). En cas d’accident à l’intérieur, que ce soit en votre absence ou en votre présence, ne dites rien : pas un mot, pas même un froncement de sourcils.
Votre chiot a également besoin de découvrir différents environnements, personnes et congénères de manière régulière (tous les jours) mais progressive. Cependant, évitez l’immersion dans des endroits bruyants ou trop fréquentés. Vous obtiendriez l’effet inverse de celui recherché : une sensibilisation qui pourrait générer de la crainte. Vous pouvez enrichir son quotidien en apportant chaque jour un nouvel élément de l’extérieur. En le laissant découvrir par lui-même, vous lui apprendrez à apprendre, ce qui facilitera tout par la suite. Évitez toute contrainte et ne le forcez jamais à être caressé, car il pourrait associer l’humain à une pression désagréable. S’il est en laisse, celle-ci doit toujours être longue et détendue, sans aucune traction. Enfin, faites-lui rencontrer d’autres chiens, en petit nombre, mais impérativement équilibrés et sociables. La qualité des rencontres prime sur la quantité.
Le mordillement est normal à l'âge de deux ou trois mois ; bien souvent, si on l’ignore, il cesse avec le temps. Votre chiot n’a que sa gueule pour saisir des objets et il joue avec vous comme il le ferait avec sa fratrie. Dites-vous bien que la fragilité de la peau humaine est une nouveauté pour lui. Un bébé humain serre très fort les doigts de ses parents et finit par se contrôler avec l'âge, sans que vous n'ayez eu à le réprimander. Si le mordillement perdure, c’est souvent qu’avec des « non » répétés, vous avez involontairement renforcé ce comportement en lui donnant de l'attention. Anticipez en lui donnant de l’occupation avant qu’il ne commence à mordiller. S'il le fait, ne bougez plus (sans vous figer totalement), détournez la tête et les épaules sans le regarder. Il insistera un moment, puis, faute de réponse, il cessera.
Pour finir, n’utilisez jamais de réprimande, de punition (physique ou verbale) ni de contrainte, quoi que le chiot fasse. Pour son cerveau, il n’y a pas de différence entre une agression verbale ou physique : c’est une menace qu’il risque d’associer à vous. Or, vous êtes censé être sa base de sécurité sur laquelle il doit pouvoir compter à 100 %. Il y a toujours un moyen d’éduquer sans punir. Enfin, apprenez d’urgence les signaux de communication : votre chien vous parle, à vous d’apprendre sa langue pour le comprendre.
Corinne Martin